La culpabilité…

La culpabilité est un ressenti désagréable que nous rencontrons tous à un moment donné.
Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Je vous propose dans cet article de vous expliquer son fonctionnement et en quoi la culpabilité peut
être utile.

Définition

La culpabilité est une émotion. Elle est associée à la famille des émotions dites morales ou sociales.

Nous connaissons les sept émotions universelles ou primaires qui sont : la peur, la surprise, le dégoût, la colère, le mépris, la tristesse et la joie. Elles sont dites universelles car elles sont partagées par toutes les cultures et sont reconnus par des expressions faciales.

Cependant, certaines émotions morales ou sociales ne seraient pas universelles car les conséquences et les expressions faciales diffèrent selon les cultures. Elles interviennent lorsque nous sommes dans des situations sociales complexes, c’est-à-dire liées à des décisions prises, des choix effectués. Elles peuvent être tournées vers soi ou vers les autres.

La définition du psychologue social Jonathan Haidt (2003) : « les émotions morales sont celles qui sont intrinsèquement liées aux intérêts et au bien-être de la société dans son ensemble, ou au moins au bien-être d’un autre individu que l’agent qui les ressent. »

En outre, ces types d’émotions sont classés en 3 catégories : auto-conscientes (la culpabilité en fait partie), évaluation d’autrui et souffrance d’autrui.

Les causes de la culpabilité

La culpabilité intervient lorsque nous pensons avoir agi contre nos valeurs ou les codes sociétaux, aux dépens d’une personne ou d’un groupe. Elle se manifeste dès lors que nous transgressons une norme morale. De surcroît, il en découle de la tension, de l’anxiété et du regret.

La notion d’infraction aux règles est propre à chacun et n’est pas forcément liée aux codes de la société mais bien aux règles auxquelles chaque individu adhère.
La culpabilité est une autoévaluation de ses propres comportements, et fait appel à notre conscience.

Toutefois, elle diffère de la honte qui est une émotion centrée sur soi, amenant un sentiment d’inutilité et d’impuissance. La honte engendre de l’hostilité à l’égard de son environnement.

L'apparition de la culpabilité dans l’enfance

Selon les différentes théories (Lewis M. ; Hoffman ; Kochanska ; Zahn-Waxler…) la culpabilité apparaît dans le développement de l’enfant autour de 18 – 24 mois.
En effet, à cette période l’enfant intègre une bonne compréhension des normes sociales et développe des capacités d’empathie. D’autre part, il est conscient des transgressions, de ses comportements inappropriés ou de ses performances insuffisantes.

De plus, de nombreuses études, avec des mises en situation, démontrent que ce n’est qu’à l’âge de 3 ans que l’enfant effectuerait des actes de réparation d’une faute commise.

Le tempérament de l’enfant et l’attitude des parents contribuent au développement de la culpabilité. Par ailleurs, les études rapportent que les enfants ayant un tempérament anxieux seraient plus susceptibles de se sentir coupables, donc plus sensibles à la culpabilité.
On dénombre trois types d’attitudes parentales afin d’inciter les enfants à modifier leur comportement. La première stratégie est l’affirmation du pouvoir (recours à la menace et l’usage de la force physique).
La deuxième attitude est le retrait d’affection (l’adulte ignore l’enfant) amenant notamment l’enfant à se soumettre pour faire plaisir à ses parents.
La troisième est le raisonnement inductif qui consiste à expliquer à l’enfant les conséquences de son comportement.

Seul le raisonnement inductif (Martin Hoffman) amène à l’assimilation des normes morales et permet de développer l’empathie et la culpabilité.

L'utilité de la culpabilité dans l'évolution des compétences sociales

Les études démontrent que le sentiment de culpabilité amène à réparer le tort causé, soit directement auprès de la victime, soit auprès de quelqu’un d’autre. De surcroît cela développe des comportements altruistes et améliorent les relations interpersonnelles.

La culpabilité a donc un impact positif dans l’évolution des compétences sociales.
En nous alertant sur nos comportements inadaptés, elle nous permet de réfléchir à un moyen de réparation. Partant de ce fait, elle est un axe de progrès et nous motive à faire mieux.

Repérer la culpabilité

Voici par exemple, quelques phrases clés pour la détecter,

– Je me trouve nul(le), j’aurai dû faire autrement.
– Je suis une mauvaise personne car j’ai des pensées injustes.
– Je n’ai pas su être responsable de mes actes, cette fois encore.
– Pourquoi est-ce que je n’ai pas su lui répondre ?
– J’aurai dû être plus aimable, tout bien pesé il ne m’a rien fait…
– Au fond, j ’ai perdu mon calme sans raison.
– Je ne suis pas assez présent(e) auprès de ma famille.

La culpabilité symptôme d’une pathologie

Dans certains cas, la culpabilité ou son absence, peuvent être pathologiques quand :

  • la fréquence et l’intensité sont invasifs, avec une tendance excessive à se sentir coupable.
  • elle se déclenche dans des situations inadéquates ; difficultés dans les relations sociales induites
    par un système de valeurs trop différent des normes sociétales.
  • elle crée de la souffrance sans pour autant conduire la personne à changer d’attitude.
  • un individu ne ressent pas ou peu de culpabilité.

Pour ces cas, une psychothérapie est nécessaire. La Thérapie Cognitive et Comportementale ou la Thérapie Interpersonnelle sont appropriées.

Comment sortir de la culpabilité qui nous fait souffrir ?

La culpabilité se manifeste pour chaque personne sur les mêmes thématiques. Celles qui bousculent nos valeurs et nos croyances. Le coaching apporte des solutions en réponse à cette émotion.

La première étape concerne l’identification des situations où vous vous sentez coupables. Puis analyser quelles sont les valeurs et les croyances qui sont touchées. Cela afin de permettre une prise de conscience du mécanisme de ce sentiment.

La deuxième  consiste à reconnaître en quoi les valeurs malmenées sont essentielles pour vous. Laquelle est limitante pour vous aujourd’hui ? Laquelle vous donne de l’énergie et vous pousse à l’action ?

La troisième étape est d’assumer ses valeurs, de comprendre que nos actes doivent être en harmonie avec elles. Ensuite, réaliser que vous êtes capables d’être responsable de vos actes et de vos choix.

La dernière  réside en la mise en place d’actions, dans le but d’être en phase avec vos valeurs.
Les phases incontournables à travailler et qui reviennent à chaque coaching sont :

  • Parler de ce sentiment pour le comprendre,
  • Apprendre à dire ce qui ne nous convient pas, à exprimer et respecter ses besoins,
  • Développer l’estime de soi et la compassion pour soi,
  • Adapter vos attentes, si possible, pour qu’elles correspondent à la situation.

En conclusion, l’action diminue la dévalorisation et le stress engendrés par la culpabilité.
C’est par conséquent indispensable pour être en conformité avec ses valeurs et ses croyances.

Si vous souhaitez échanger sur le sujet ou améliorer votre état intérieur, contactez-moi.
Je vous répondrais avec empathie et bienveillance.

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Laurence Salvador

admin7907

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